Dans le magazine Inflight Hiver 2025 – 2026, Jérôme Carbonnelle explique pourquoi Luxembourg est devenu un centre stratégiques pour les décideurs.

Comment décririez-vous l’évolution récente de la place financière luxembourgeoise?
Jérôme Carbonnelle : Longtemps perçue comme une simple plateforme d’exécution, le Luxembourg s’est mu en acteur qui anticipe et accompagne la prise de décision. Ceux qui y travaillent savent que ce n’est plus seulement un point d’entrée administratif, mais une source de solutions sur mesure, portée par des experts métiers capables d’échanger d’égal à égal avec les équipes d’investissement mondiales.
En quoi le contexte local fait-il la différence pour les entreprises internationales?
La stabilité est notre premier atout : sécurité juridique, fiscalité intelligible, gouvernance prévisible et proximité avec les autorités et les décideurs européens. . Ce climat de confiance, renforcé par la note AAA et la réactivité réglementaire, attire des acteurs en quête d’innovation et de visibilité à long terme, tout en leur permettant d’agir sans aléas.
Nous sommes passés de l’excellence opérationnelle au partenariat stratégique : nous anticipons, nous nous engageons et nous agissons en fonction des besoins réels des investisseurs internationaux.”
Jérôme Carbonnelle, Partner, GOTOfreedom
Qu’est-ce qui caractérise l’écosystème financier luxembourgeois aujourd’hui?
C’est la concentration en un seul territoire de toutes les expertises : avocats, asset managers, dépositaires, juristes, auditeurs, fintechs et consultants collaborent et accélèrent la mise en œuvre de stratégies d’investissement sophistiquées. Près de la moitié de la population est étrangère et l’anglais s’impose comme langue de travail, favorisant un melting-pot de spécialistes qui dépassent la notion de “back office. Un autre aspect à prendre en compte est la consolidation en cours des acteurs de l’industrie financière, qui entraîne une pression accrue sur les coûts et une plus grande complexité.
Comment la place luxembourgeoise s’est-elle rapprochée du front office?
On observe une montée en puissance des équipes d’investissement et la création de centres mondiaux d’excellence. Les groupes internationaux installent à Luxembourg de vrais pôles stratégiques où l’innovation, la sécurité et la facilitation des opérations se jouent directement, en lien étroit avec les autorités. Il ne s’agit plus juste d’installer une filiale : il faut s’immerger dans une culture du conseil, du dialogue et de l’adaptation. Ce rôle de facilitateur implique des équipes qui connaissent déjà très bien l’écosystème local pour prendre de meilleures décisions.
Quel impact cela a-t-il sur le marché des talents?
Le marché du recrutement est devenu un marché de niche, axé sur les profils spécialisés capables d’accompagner les cycles de transformation et d’être au cœur de l’action, proches des décisions : l’époque du recrutement de masse est dépassée. Les régimes d’impatriation et de “carried interest” dopent l’attractivité vis-à-vis des autres centres européens, en complément de standards opérationnels élevés. Nous sommes passés d’une focalisation sur la “substance” à une recherche de “l’objectif” stratégique, rendue possible par la connaissance du marché des équipes locales.
Qu’est-ce qui rend l’approche luxembourgeoise unique pour les investisseurs?
Ici, la valeur ajoutée ne se mesure pas seulement en coût ou en rapidité, mais dans la capacité à anticiper, organiser et réunir les acteurs de l’industrie pour faire avancer de véritables stratégies. On comprend le métier, ses enjeux, et on accompagne l’évolution des fonctions, du back au front office. Luxembourg est bien plus qu’un hub traditionnel : c’est un centre d’action où la compréhension opérationnelle fait la différence.
Comment GOTOfreedom soutient-il les entreprises dans leur croissance?
Notre cœur d’expertise réside dans les industries juridiques et financières au sens large. Nous opérons sur une chaîne de valeur intégrée qui commence avec les cabinets d’avocats et s’étend aux services aux investisseurs et à la fintech, englobant les gestionnaires d’actifs, les family offices, les dépositaires, les établissements de crédit, et plus encore.
Nous décrivons souvent trois grandes catégories de rôles pour lesquels les entreprises recrutent. La première consiste à générer des revenus, la deuxième à se concentrer sur la transformation et l’efficacité, et la troisième à assurer le contrôle interne et la protection de l’organisation. Notre mission est de veiller à ce que chaque personne que nous présentons s’aligne sur ce cadre, qu’il s’agisse de cadres supérieurs, de dirigeants ou de membres du conseil d’administration.
Remerciements à Benoît Theunissen, Alexandre Vanhee, Laurent Nittler, Réphaël Havrenne, Sabrina El Abbadi, et Aurélie Comptour pour leurs précieux conseils, qui ont enrichi les réflexions partagées dans cet article.

